РУКУНСИЗ

l’héritière qui Gêne

photos : kcs ; louis lanzano/ap/sipa ; dr En 2012, Gérard Depardieu, citoyen russe, enregistre un titre sur le dernier album de Googoosha, nom de scène de Gulnora. ‘‘ Selon Wikileaks, elle est la personne la plus détestée d’Ouzbékistan ’’
photos : kcs ; louis lanzano/ap/sipa ; dr
En 2012, Gérard Depardieu, citoyen russe, enregistre un titre sur
le dernier album de Googoosha, nom de scène de Gulnora.
‘‘ Selon Wikileaks, elle
est la personne la plus
détestée d’Ouzbékistan ’’

 

impliquée dans ne opération e blanchiment d’arGent à neuf chiffres, la fille du président d’ouzbékistan continue sa vie de jet-setteuse blinG. jusqu’à quand ?

Par Hadrien Gosset- Bernheim, avec Alexia

photos : kcs ; louis lanzano/ap/sipa ; dr

En 2012, Gérard

Depardieu, citoyen russe, enregistre  un titre sur le dernier album e Googoosha, nom de scène de Gulnora. ‘‘ Selon Wikileaks, elle

est la personne la plus détestée d’Ouzbékistan ’’


 

Jusqu’au mois dernier, Gulnora Karimova occupait

le siège de l’Ouzbékistan aux Nations unies. Mais

cette blonde spectaculaire de 41 ans aux yeux en

amande ne s’embarrasse pas des coutumes oratoires

des chancelleries. Interrogée par Grazia sur les

soupçons de la justice française sur son rôle dans

une affaire de « corruption » et de « blanchiment

en bande organisée », elle décline via Twitter d’un

« ha ha ha… bonne chance pour fouiller la merde ».

Vulgaire, mais efficace. Qui a dit que les filles à papa

étaient vouées à une existence oisive, incapables de

rien faire de leurs dix doigts ? Cette touche-à-tout

dont le père, Islam Karimov, dirige l’Ouzbékistan

d’une main de fer depuis 1990, démontre pour sa

part un talent certain pour faire avancer ses intérêts.

Le problème, c’est qu’une partie au moins de sa

fortune proviendrait d’un pot-de-vin de 320 millions

d’euros versé par l’opérateur suédois TeliaSonera en

échange du monopole sur le marché téléphonique de

difficile d’obtenir des informations. L’Ouzbékistan

est un black hole (trou noir) où rien ne rentre et

d’où rien ne sort. »

croqueuse de diamants

Dans ce contexte si peu démocratique, Gulnora

Karimova aspire cependant à autre chose qu’à un

destin de fille de dictateur. Pour la forme, elle a bien

obtenu un doctorat en sciences politiques décerné par

une université locale, mais préfère développer sa fibre

artistique. Outre un parfum et une ligne de vêtements

qui portent sa griffe, elle s’est ainsi lancée dans une

carrière de chanteuse sous le nom de Googoosha,

« mezzo soprano, poète, et beauté exotique » comme

le résume son site. Le succès est d’ailleurs au rendezvous

puisque son dernier album, qui comporte

un duo avec Gérard Depardieu, non content de

cartonner dans son pays d’origine, se serait classé

à la 5e place des charts US selon la presse locale. C’est

faux, bien entendu, mais qui ira dire le contraire ?

Prendre pour une potiche bling celle qui confie

« remercier Dieu pour (son) visage » et avoue que « l’or,

les diamants, je ne peux pas m’en passer » serait

pourtant une erreur. Sa présence au premier rang des

défilés de mode à Paris ou New York et les soirées

people qu’elle y organise en l’honneur de la culture

ouzbèke sont une arme diplomatique autant qu’un

penchant personnel : « Tout cela sert à dissimuler

les exactions du régime, dont elle est un pilier de

la propagande », estime encore Andrew Stroehlein.

Mais son vrai talent, Gulnora l’exerce surtout dans

les affaires, investissant tous azimuts dans son pays :

immobilier, communications, restauration, culture du

coton, dont l’Ouzbékistan est le premier exportateur

mondial, etc. Sa place privilégiée au sein de l’Etat

lui permettant de s’approprier les marchés les plus

rentables (comme la licence de distribution de

Coca-Cola), elle n’hésiterait pas à exproprier ses

concurrents par la force. Une méthode également

utilisée dans sa vie privée : les proches de son ex-mari,

père de ses deux enfants qui réclamait une partie de

sa fortune, ont ainsi été emprisonnés ou expulsés du

pays. « Gulnora est intouchable, elle peut faire ce

qu’elle veut », accuse depuis la Suède Tulkin Karaev,

un journaliste qui a fui l’Ouzbékistan en 2005 et ne

cache pas son aversion pour la fille aînée de Karimov.

Un sentiment largement partagé si l’on en croit un

câble diplomatique américain de 2010 qui qualifie « la

princesse », « de personne la plus détestée du pays ».

en lice pour remplacer papa ?

Pas sûr que cette analyse corresponde à la réalité

d’une société vivant en vase clos. Sortant de son rôle

de « première fille » investie dans les actions de

soutien aux femmes, aux étudiants ou à la lutte contre

le cancer, Gulnora Karimova se fait depuis quelques

mois le porte-voix des classes moyennes, dénonçant

les lourdeurs administratives provoquées par les

« corrompus » et les « imbéciles » à la tête de l’Etat.

Des attaques qui visent les successeurs possibles

de son père, âgé de 75 ans, et en particulier le très

puissant ministre de l’Economie, Rustam Azimov,

qu’elle accuse publiquement de corruption.

Un avant-goût de la présidentielle de 2015, où l’on

dit qu’elle pourrait se présenter ? Pour l’instant,

elle se garde bien de démentir. Son existence de

jet-setteuse internationale étant compromise par

les enquêtes suisses et françaises, elle ne quitte plus

l’Ouzbékistan où ses virées nocturnes dans les boîtes

de Tachkent, la capitale, défraient la chronique.

Dans le même temps, elle soigne sa popularité,

relayant sur Twitter les messages de ses supporters

la remerciant pour ses actions en faveur du petit

peuple. Vulgaire et efficace. •

ce pays d’Asie centrale de 30 millions d’habitants.

Du coup, les juges suisses ont gelé l’an dernier

les avoirs de Gulnora Karimova détenus dans

des banques helvétiques – pour un total estimé

à 800 millions d’euros –, éveillant la curiosité de

leurs homologues français qui ont donc discrètement

ouvert en février une information judiciaire, comme

l’a récemment révélé le site Rue89. Dans le fond,

rien de très surprenant puisque l’ancienne

République soviétique d’Ouzbékistan est également

l’un des Etats les plus corrompus au monde, classé

170e sur 176. Un palmarès aggravé par des atteintes

systématiques aux droits de l’homme. Outre ses

campagnes de stérilisation forcée, le pouvoir ouzbek

est ainsi accusé de réprimer, y compris par la torture,

toute tentative d’opposition. « C’est l’un des pays

du monde où la population est la plus opprimée »,

confirme Andrew Stroehlein de l’ONG Human

Rights Watch. « Pour ne rien arranger, il est très

Pendant la Fashion Week

de New York 2011,

des manifestations font

annuler le défilé de sa

marque de bijoux, Guli.

En 2008,

en Sardaigne.

Javob berish

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Изменить )

Google photo

You are commenting using your Google account. Log Out /  Изменить )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Изменить )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Изменить )

Connecting to %s