OBSERVATOIRE À Propos de Norboy HOLJIGITOV

 

 

La Ligne d’Urgence

The Emergency Line

La linea de Urgencia

 

 

 

 

E-mail

observatoire@iprolink.ch

 

direct FIDH

tel : 33 (0) 1 43 55 20 11

fax : 33 (0) 1 43 55 18 80

direct OMCT

tel 41 (0) 22 809 49 39

fax : 41 (0) 22 809 49 29

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

APPEL URGENT – L’OBSERVATOIRE

 

OUZ 001 / 0103 / OBS 004

Menaces et entraves à la liberté de mouvement

Ouzbékistan

24 janvier 2003

 

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT, vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Ouzbékistan.

 

Description des faits :

 

L’Observatoire a été informé d’actes d’intimidation à l’encontre de M. Norboye Kholzhigitov, président du bureau de la Société des droits de l’Homme d’Ouzbékistan (HRSU) à Ichtikhan dans la région de Samarqand. Depuis sa création en septembre 2002, ce bureau est étroitement surveillé par les forces de sécurité.

 

Le 19 janvier, une dizaine de policiers ont pénétré dans la maison de M. Norboye Kholzhigitov et ont proféré des insultes et menaces. Notamment, le chef de ce groupe a dit à Norboye Kholzhigitov : « si tu ne te tais pas, on va t’envoyer très loin, là d’où tu ne pourras pas sortir » ou encore «  pourquoi penses-tu avoir le droit de défendre les droits de l’Homme alors que ton organisation n’est pas enregistrée ». Les propos tenus par les policiers ont été particulièrement violents et ont semé la panique au sein de la famille de M. Kholzhigitov.

 

Ce raid semble lié à une interview accordée quelques jours auparavant à Radio Free Europe par M. Kholzhigitov. Dans cette interview, ce dernier exposait les violations des droits de l’Homme en cours dans la région de Samarqand.

 

En outre, le 18 janvier, M. Hasan Alimov, sa femme et son fils, des amis très proches de M. Kholzhigitov, ont été arrêtés pour un motif fallacieux de vol de bétail. Le 20 janvier, M. Kholzhigitov a cherché à rencontrer le responsable de cette enquête. Finalement, il a uniquement pu parler avec un policier et lui a fait part de son souhait d’être le défenseur civil dans ce dossier. Le policer l’a alors insulté, a rétorqué qu’un voleur n’avait pas besoin d’un avocat et qu’il n’était pas un défenseur puisque son organisation n’était pas enregistrée. M. Kholzhigitov n’a pu voir que le fils de M. Alimov qui portait des traces de mauvais traitements sur le visage. Il a précisé que son père avait été gravement torturé.

 

L’Observatoire considère que ces actes participent d’une stratégie des autorités qui vise à entraver l’action des bureaux locaux de l’HRSU. En effet, de façon récurrente, dès la création de telles sections, les membres de l’association sont harcelés, et leurs familles et proches sont l’objet de pressions diverses comme par exemple les sections de Kashkadaya, de Nishan et de Karakalpankistan. L’Observatoire rappelle que depuis 1992, la HRSU a demandé à être enregistrée, ce qui lui a été systématiquement refusé.

 

L’Observatoire a été informé qu’un membre de l’association russe Mémorial, M. Nicolai Mitrokhin, qui travaille sur la situation des droits de l’Homme en Ouzbékistan depuis plusieurs années et qui dénonce notamment la pratique de la torture dans ce pays, a été empêché de se rendre dans ce pays à deux reprises. Alors qu’il se rendait en Ouzbékistan dans le cadre de ses recherches, il a été, le 18 janvier, refoulé vers Moscou dès son arrivée à l’aéroport de Tashkent. De nouveau, le 22 janvier, à son arrivée à Tashkent le matin, on lui a confisqué son passeport et son billet d’avion, et il a été retenu plusieurs heures. Vers 14H, on lui a précisé que se tenait une réunion sur son cas, sans plus de précisions. A 19H, les services de la police lui ont dit qu’il était refoulé. Comme la première fois, il n’a obtenu aucun document officiel attestant de l’ordre de refoulement ni aucune explication.

 

L’Observatoire condamne ces mesures qui constituent une réelle entrave à la liberté d’action et de mouvement des défenseurs des droits de l’Homme et une violation notamment de l’article 6 de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme qui stipule que «chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de détenir, rechercher, obtenir, recevoir et conserver des informations sur tous les droits de l’Homme. »

 

Actions demandées :

 

Merci d’écrire aux autorités d’Ouzbékistan leur demander de :

i      Mettre un terme à toute forme de harcèlement et de représailles à l’encontre de M. Kholzhigitov et de tous les défenseurs des droits de l’Homme en Ouzbékistan

ii       Garantir la liberté de mouvement des défenseurs des droits de l’Homme

iii.    Se conformer aux dispositions de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998 » sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et les libertés fondamentales universellement reconnus » et plus particulièrement à son article 1, qui dispose que «chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international».

iv.    Se conformer plus généralement aux normes internationales et régionales de protection des droits de l’Homme liant l’Ouzbékistan

 

Adresses :

M. Karimov, Président de la République d’Ouzbékistan, fax 998 71 289 00 46

 

Paris – Genève, le 24 janvier 2003

 

Merci de bien vouloir informer l’Observatoire de toutes actions entreprises en indiquant le code de cet appel.

L’Observatoire, programme de la FIDH et de l’OMCT, a vocation à protéger les défenseurs des droits de l’homme victimes de violations et à leur apporter une aide aussi concrète que possible.

Pour contacter l’Observatoire, appeler La Ligne d’Urgence:

E-mail : obseravtoire@iprolink.ch

Tel et fax FIDH : 33 (0) 1 43 55 20 11 / 01 43 55 18 80

Tel et fax OMCT : +4122 809 49 39 / 41 42 809 49 29