Tragédie ouzbèke

Quinze jours après le massacre perpétré par les forces de l’ordre ouzbèkes dans la ville d’Andijan, l’ampleur de la tragédie commence à être connue

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Quinze jours après le massacre perpétré par les forces de l’ordre ouzbèkes dans la ville d’Andijan, l’ampleur de la tragédie commence à être connue. Non par les déclarations officielles d’un pouvoir autoritaire ou par les résultats d’une enquête internationale que refuse le président Islam Karimov, mais par les témoignages des milliers de réfugiés qui affluent dans la petite République voisine du Kirghizstan.

Le 13 mai, sous prétexte de réprimer une manifestation d’islamistes radicaux, l’armée ouzbèke a tiré sur la foule qui avait pris d’assaut des bâtiments administratifs, faisant plusieurs centaines de victimes. Que des militants fondamentalistes essaient, depuis l’indépendance de l’Ouzbékistan à la suite de la dissolution de l’URSS en 1991, de prendre la tête de l’opposition contre le régime Karimov est indéniable. Cependant le président, élu et réélu avec des scores dignes des «élections» soviétiques, n’a cessé de jouer de la menace islamiste pour justifier la répression de toute contestation. Or les manifestations d’Andijan sont avant tout l’expression d’un malaise économique et social qui touche le plus grand pays d’Asie centrale, potentiellement riche, mais mis en coupe réglée par les clans proches du pouvoir.

Les réactions internationales au massacre d’Andijan ont été pour le moins mesurées. Le nouveau gouvernement du petit Kirghizstan, qui se réclame de la démocratie, a peur du grand voisin ouzbek. Les Russes, qui craignent une déstabilisation des Républiques voisines, soutiennent Islam Karimov. La France, qui répugne à chagriner Vladimir Poutine, a regretté les «incidents» , avant de durcir quelque peu le ton devant la brutalité de la répression.

Le président George W. Bush, pourtant si prompt à partir en guerre contre les tyrannies, s’est contenté d’une vague condamnation. Il est vrai que l’Ouzbékistan est une pièce maîtresse dans le dispositif stratégique américain en Asie centrale. Après les attentats du 11 septembre 2001, IslamKarimov a été le premier dirigeant de la région à offrir son aide aux Etats-Unis. Craignant la contagion des guerres civiles qui ont fait rage en Afghanistan et au Tadjikistan, il a accepté que les Américains installent une base militaire sur son territoire, traditionnellement chasse gardée de la Russie. Les Américains l’ont remercié en remettant à sa police des terroristes ou supposés tels, en toute connaissance des tortures auxquelles ils seront soumis dans les geôles ouzbèkes.

Cette politique du deux poids-deux mesures, qui n’est malheureusement pas l’apanage des Etats-Unis et n’est pas réservée aux rapports avec l’Ouzbékistan, ne peut que discréditer les efforts accomplis par ailleurs pour promouvoir sinon la démocratie en tout cas des régimes «décents» . Comme tous les peuples de l’ex-URSS, les Ouzbeks méritent mieux qu’un système politique autoritaire et corrompu. S’ils sont abandonnés à eux-mêmes au nom de la Realpolitik, il est à craindre que les morts d’Andijan ne soient pas les derniers.

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Javob berish

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