BABOUR YOUSSOUFJON OUGLI DJOUMAEV

  APPEL

          au Président de la France Nicolas Sarckozy

 

Monsieur le President

 

Moi, Babour Djoumaev et mon père Youssouf Djouma, fûmes arrêtés le 17 décembre 2007. Quelques jours avant sans aucun motif fut arrêté mon frère cadet, Machrab Djoumaev.

 

Nous n’avions commis aucun acte criminel ou illicite. Nous ne fessions que demander lors des manifestations pacifiques que le président de l’Ousbekistan, Islam Karimov, respecte la Constitution qu’il a lui-même mis en place.

 

Il a proposé illégalement sa candidature pour le poste de président de la république enfreinant ainsi gravement la Constitution ouzbek qui stipule clairement qu’une même personne ne peut occuper le poste de président de la republique plus de deux mandats consécutifs.

 

Vous devez surement être au courant du nombre de fois qu’il fut élu et « réélu » depuis 1990 pour ce très haut poste du pays, c’est pourquoi je ne vais pas vous les énumérer. Au début de décembre 2007 notre famille a commencé une manifestation pour protester contre les actes anticonstitutionnels du président.

 

Le 10 décembre lors d’une de ces manifestations nous fûmes attaqués par des hommes des services secrets. Ils nous ont violemment frappés et interrompu la manifestation.

 

Dans la même nuit, alors que presque tous les membres de notre famille se trouvaient à la maison, notre maison fut attaquée par un détachement spécial de la police d’environ 200 hommes armés. Ils ont exterminé tout notre bétail.

 

Ce n’est que grâce à la vigilance et à la rapide mise en garde des habitants du village où vivait notre famille, que nous sommes miraculeusement sortis de cet enfers. Avec l’aide des gens de bon coeur nous sommes arrivés jusqu’à Tachkent, mais le 17 décembre moi et mon père fûmes arrêtés.

 

Dans la prison d’instruction préparatoire, moi, mon père et mon frère cadet Machrab fûmes soumis à de sévères tortures. Les juges d’instruction sadiques m’obligeaient de regarder les supplices de mon père et de mon frère et me torturaient devant eux.

 

Ils nous suspendaient au plafond, ils nous frappaient les talons avec des matraques en caoutchouc, ils nous déversaient de l’eau froide, mettaient sur nos têtes des masques à gaz en nous coupant l’air.

 

Ils affirmaient ouvertement exécuter les ordres d’Ilsam Karimov. A Tachkent on nous torturait en présence du chef de la prison Erkine Komilov. A Bouchara les supplices s’effectuaient sur l’ordre direct du juge d’instruction Samfd Choukourov ainsi que du chef de la brigade opérationnelle Otabek Sobirov et de son associé Botir Safarov.

 

Le jour de sélections (23 décembre 2007) du président de la république nous nous trouvions toujours en prison et ses monstres réclamaient de nous que nous votions pour Islam Karimov. Mais nous refusions tous les trois d’accomplir cet ordre odieux. C’est pourquoi ce jour-là on nous a torturé avec d’autant plus de forces et nous étions presque morts dans la cellule de la prison.

 

Le 16 avril 2008 eut lieu « le procès-spectacle » de moi et de mon père lors de laquelle une vingtaine d’agents des forces d’intérieure régionales et quelques agents du ministère de l’intérieur, tenaient le rôle de «témoins».

 

Ils ont été incapables de démontrer notre faute, se perdant incessamment dans leurs déclarations. Néanmoins, le juge condamna mon père à cinq ans de prison et me donna trois ans avec sursis en me libérant de la salle de procès.

 

Retrouvant la liberté je ne me suis pas défait de l’attention inquisiteur de la police locale. Le commandant de la police locale et le principal fautif de tous nos malheurs, Alijon Nazarov, était chargé de me contrôler. Lui et son chef Ousman Halimov me convoquaient quotidiennement dans leur cabinet et m’humiliaient.

 

Les supplices et les humiliations récurrentes m’ont contraint de quitter Bouchara et me cacher du pouvoir. Mon père fut envoyé dans un camps de concentration pour prisonniers politiques «Jaslik», l’une des pires prisons du monde se trouvant au nord-ouest de l’Ousbekistan, sur le plateau sans vie de Usturt.

 

Il n’y a pas longtemps ma soeur Ferouza reçu l’autorisation de lui rendre visite. Au rendez-vous, devant les yeux de Ferouza, comme elle le raconte, est apparu notre père battu jusqu’aux bleus. « Son visage est entièrement brisé, on voit qu’une blessure fraîche recouvre une blessure plus ancienne, encore visible.

 

Les yeux, les lèvres, les joues sont bouffis et tuméfiés, saignants par endroits. Toute la tête est couverte de blessures des coups perpétuels. Les bleus et écorchures sont bien visibles sous les cheveux.» dit Ferouza.

 

Notre père raconta à Ferouza que trois jours après son arrivée dans le camps «Jaslik» on l’empêchait de dormir, ne lui donnait pas à manger ni à boire. Puis on le transféra dans un compartiment pour la mise en quarantaine et l’enferma dans une chambre qu’il serait plus judicieux d’appeler boite en béton, sans lit et sans quelque autre meuble que ce soit.

 

En plus de mon père s’y entassaient d’autres prisonniers, la plupart des quels était gravement atteinte de la tuberculose, parmi eux se trouvaient même des porteurs du virus VIH.

 

Comme le raconte notre père, la présence dans cette boite en béton avec les prisonniers malades s’interrompt uniquement lorsque l’on sort l’un des hommes pour de nouvelles tortures et sévices. Il a même raconté à Ferouza qu’on l’a violemment battu le 1er août, il a été torturé par le chef de la brigade prénommé Dovoul.

 

En un an d’internement depuis son incarcération en décembre de l’année dernière, y compris le dernier mois à «Jaslik» , Youssouf Djouma a énormément perdu de son poids, aujourd’hui il fait environ quarante kilogrammes, dit Ferouza.

 

Monsieur le President !

 

Je ne suis pas le seul à savoir que les opposants du président Karimov sont torturés à mort. Moi-même je ne suis sorti que par miracle de ce cauchemar et je n’arrive toujours pas à m’en remettre.

 

Je ne peux dormir agité par les maux, les cauchemars et la pensée de mon père que l’on fait quotidiennement entrer dans une salle de torture. Nous avons fait des requêtes au cours d’appelle et de cassation plusieurs fois, comme on s’y attendait, sans résultats.

 

Très honoré Monsieur le President, La vie de mon père- poète reconnu et patriote de l’Ouzbekistan, YOUSSOUF DJOUMA- est en dangers ! Plusieurs fois Vous avez aider les gens en situations difficiles. J’ai la certitude que Vous pouvez de même sauver mon père. Je vous prie de ne pas nous laisser sans espoirs. Sauvez Youssouf Djouma d’Islam Karimov.

 

Avec mon sincère respect, citoyen de l’Ouzbekistan, ancien prisonnier politique,

 

Babour Youssoufon ougli Djoumaev.

 

 

Javob berish

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