Ouzbékistan: lettre de la colonie pénitentiaire ‘Jaslyk’: nouvelles tortures

Des prisonniers de la colonie pénitentiaire UYa 64/71, dite « Jaslyk » du nom de la localité (Karakalpak) où elle se trouve, ont pu faire parvenir à l’association Droits de l’Homme en Asie Centrale une lettre témoignant de leurs conditions de détention et des violences qui leur sont faites. Au-delà de la lecture des œuvres du président Karimov, obligatoire sous peine de châtiments corporels et de mise à l’isolement, cette lettre témoigne des violences physiques, morales, voire sexuelles qui leur sont infligées, autant que de la détermination des prisonniers à ne pas se laisser briser, en organisant par exemple des grèves de la faim. Des prisonniers condamnés pour des délits considérés comme graves : appartenance à une organisation illégale, critique de l’Etat, voire terrorisme, et qui sont souvent condamnés sur place à de nouvelles peines, lesquelles prolongent alors leur incarcération pour une durée potentiellement illimitée.

De cet établissement situé dans une région au climat particulièrement rude, bien rares sont ceux qui finissent par être libérés en bonne santé. D’autant que la torture, pratiquée dans une salle dont l’association a pu se procurer les plans, est quotidienne, comme peut en témoigner Aziam Famonov, défenseur bien connu des droits des paysans et membre de la Ligue des droits de l’homme d’Ouzbékistan. L’une des pratiques les plus fréquentes semble être de fouetter les détenus sur la plante des pieds.

L’Association Droits de l’homme en Asie Centrale constate qu’en Ouzbékistan il est devenu pratiquement impossible aux défenseurs des droits de l’Homme de mener des enquêtes sur les cas de torture. En effet, ils font alors l’objet de poursuites, sous l’accusation de critique du pouvoir en place et leur droit de se déplacer est quasiment réduit à néant.

Au cours des cinq dernières années, plus de 200 personnes – défenseurs des droits de l’homme ou journalistes – ont été poursuivies, dont 16 ont été emprisonnées. Le Bureau de l’organisation Human Rights Watch à Tachkent a été fermé en 2007, après 10 ans de présence dans le pays. Les collaborateurs de cette ONG se sont vu refuser visas et accréditations et leur droit de circuler a été singulièrement réduit. De plus en plus souvent, les victimes de violations des droits de l’homme taisent leur identité et s’adressent aux organisations et à l’opinion internationale par l’intermédiaire d’émigrants politiques.

Ferghana

Javob berish

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